mercredi 15 janvier 2014

François Hollande est-il social-démocrate?


 Ce jeudi matin, les éditorialistes découvrent un François Hollande social-démocrate.

 Fabrice Rousselot de Libération écrit ceci : "Pour la première fois depuis sa prise de fonction, sans se cacher derrière des formules floues, le chef de l'Etat a assumé le cap dessiné jusque-là: Oui, je suis social-démocrate,".

 La presse régionale s'y met aussi.

 Petit florilège:

"Enfin. Le président n'a pas paru effrayé par les mots social-démocrate", note Jean-Pierre Tenoux dans l'Est Républicain.

 "François Hollande l'a enfin avoué: oui, il est social-démocrate!", constate à son tour Jean-Claude Souléry pour la Dépêche du Midi.

 "Ce n'est pas une révélation, mais ça y est, il a avoué!", observe également Philippe Waucampt dans Le Républicain lorrain. 

Faut croire que nos éditorialistes ne connaissent pas François Hollande?

Faut-il que le chef de l'état le dise précisément.?

Pour ma part , la France a besoin d'être réformer alors peut importe le qualificatif: réformiste ou social- démocrate.

1 commentaire:

  1. Cette question a un train de retard: la discussion actuelle porte sur le point suivant:

    - Hollande est-il resté socio-démocrate, comme il l’a réaffirmé encore hier à plusieurs reprises,

    - ou bien, quoi qu’il en dise, ne mène-t-il pas une politique socio -libérale ?

    Car les deux mots n'ont pas du tout le même sens, et recoupent des politiques assez différentes:

    - la social-démocratie consistait à assurer une croissance forte par le capitalisme, puis à la redistribuer sous forme d' Etat-Providence financé par des prélèvements obligatoires divers, parfois très élevés; aujourd'hui, la social-démocratie est condamnée par la globalisation de l'économie, la concurrence mondialisée qu’elle implique, la nécessité de compétitivité des coûts de production pour lutter contre le dumping fiscal qu’elle entraîne, imposant la baisse des prélèvements obligatoires et rendant de plus en plus difficile le financement de l’ Etat-Providence;

    - Le social-libéralisme part de ce constat, considère qu'il n'est plus possible de compenser la pauvreté par la redistribution, et se donne pour but d'empêcher l'apparition de la pauvreté (une fois qu'elle est apparue, elle devient irrécupérable), de façon à ce que chaque individu puisse s'adapter en permanence au libéralisme; le social-libéralisme a été théorisé en Grande-Bretagne par Anthony Giddens (sous le nom de « troisième voie ») , et mis en œuvre par Tony Blair et par Bill Clinto.

    Aujourd'hui, tous les partis socialistes d'Europe de l' Ouest sont socio-libéraux, et non plus socio-démocrates - mondialisation oblige; le problème du PS français et de Hollande est que, contrairement aux autres, ils refusent d'assumer ce qu'ils sont.

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